COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Bruxelles, le 26 janvier 2010
La commission Développement du Parlement européen a reçu l’ambassadeur
de Colombie auprès de la Belgique ainsi que plusieurs syndicalistes
colombiens, pour revenir sur la situation des Droits de l’Homme en
Colombie.
Les tentatives de la Colombie de cacher ses morts et de se présenter
comme l’un des grands défenseurs des Droits de l’Homme est vaine
devant les multiples témoignages poignants apportés par les
syndicalistes colombiens. En 2009, 37 syndicalistes furent assassinés,
19 enseignants furent tués, et le nombre des victimes "collatérales"
ne sera jamais réellement décompté. Les syndicalistes colombiens
représentent jusque 70% du total des syndicalistes assassinés dans le
monde.
Les Verts du Parlement Européen dénoncent la collaboration de l’UE
avec un pays ne respectant ni les Droits de l’Homme, ni les
conventions en matière sociale et environnementale qu’il a pourtant
signés avec l’UE en vue d’obtenir le statut SPG+. (*)
Les eurodéputés Verts demandent à la Commission européenne de cesser
les négociations en vue d’un accord de libre-échange tant que la
question des Droits de l’Homme n’est pas clairement prise en compte.
Ils sollicitent également le lancement d’une véritable enquête sur les
violations des droits et libertés en Colombie, comme cela a été fait
avec le Sri Lanka dont le statut SPG+ a par la suite été suspendu.
Aux Etats-Unis, ami le plus proche de la Colombie, les démocrates
bloquent depuis 2006 les accords de libre-échange. Au Canada et en
Norvège, les négociations sont également gelées.
Pour Catherine Grèze, députée Verte européenne :"La Présidence
espagnole souhaite bien évidemment conclure des accords qu’elle
présentera comme de véritables victoires lors du sommet UE-Amérique
Latine des 17 et 18 mai prochains. Mais si l’on parle de "saut
qualitatif", comme indiqué dans le programme de la Présidence, ne
parle-t-on pas de bien-être de la population ? de respect des
travailleurs ? du droit d’expression ? J’ai honte pour l’Union
Européenne, qui se targue d’être la championne de la défense des
Droits de l’Homme, d’en faire moins que les Etats-Unis ".
(*) SPG+ : Système de préférences généralisé
Cet après-midi, la commission Développement du Parlement Européen
recevra l’ambassadeur de Colombie auprès de la Belgique ainsi que
plusieurs syndicalistes colombiens. La mise en débat des accords
commerciaux signés avec ce pays, dans lequel les Droits de l’Homme
sont chaque jour bafoués, constitue une victoire pour les Verts et
tous les autres acteurs des Droits de l’Homme (partis et ONGs).
Cette après-midi, la commission Développement du Parlement Européen
recevra l’ambassadeur de Colombie auprès de la Belgique ainsi que
plusieurs syndicalistes colombiens. La mise en débat des accords
commerciaux signés avec ce pays, dans lequel les Droits de l’Homme
sont chaque jour bafoués, constitue une victoire pour les Verts et
tous les autres acteurs des Droits de l’Homme (partis et ONGs).
La Colombie est peut-être le pays d’Amérique du Sud respectant le
moins les Droits de l’Homme. Chaque année, plusieurs centaines de
meurtres et disparitions de syndicalistes sont décomptées, tandis que
le régime développe une stratégie de communication agressive afin de
se présenter sur la scène internationale comme l’un des plus grands
défenseurs des Droits humains. L’Union Européenne, jusque là dupe ou
de mauvaise foi, a pourtant poursuivi, jusqu’à la semaine passée, les
discussions techniques devant mener à un accord de libre-échange avec
la Colombie et participait à la table des négociations à Lima.
Des accords préférentiels à géométrie variable
A l’heure où les relations internationales se mesurent à travers
l’optique des échanges économiques et financiers, la signature de tels
accords constitue l’un des objectifs prioritaires pour l’Union
Européenne et la Présidence tournante du Conseil, l’Espagne, qui
souhaite présenter ses conclusions et un accord signé lors du Sommet
UE/Amérique Latine qui se tiendra les 17 et 18 mai prochains à Madrid.
Traditionnellement, les accords entre l’Union Européenne et les pays
tiers possèdent trois volets complémentaires : la coopération, le
dialogue politique, enfin le volet commercial. Menées à bien avec le
Mexique et le Chili, les négociations pour ce type d’accords avec la
communauté andine ont été un réel fiasco pour l’UE. L’Equateur et la
Bolivie, conscients de l’impact néfaste du libéralisme global, ont
refusé d’accepter le volet commercial qui aurait porté préjudice à
leurs populations. L’exclusion de la Bolivie des négociations laisse
comme unique solution aux autres pays de la région la signature de
simples accords de libre-échange. Un fossé dans lequel se sont
aussitôt engouffrés le Pérou et la Colombie. Avoir abandonné les
négociations d’un accord d’association en faveur d’un accord de libre
échange, sans clause des droits de l’homme inhérente, rend un service
néfaste à toute personne menacée, en particulier les syndicalistes et
défenseurs des droits de l’homme. Ces négociations devraient être tout
simplement arrêtées.
Et pourtant, les accords de libre-échange qui devaient être signés
entre la Colombie et les Etats-Unis sont bloqués depuis 2006 au
Congrès par les Démocrates, qui refusent d’attribuer leur soutien au
régime tant que des clauses concernant la sécurité des travailleurs et
la protection environnementale n’y sont pas inscrites. L’Union
Européenne pourrait-elle ignorer une situation qui ne laisse pas même
les Etats-Unis, champions du libéralisme, dans l’indifférence ?!
Exiger une attitude responsable des dirigeants européens
La Colombie bénéficie d’ores et déjà d’avantages commerciaux de la
part de l’Union Européenne. Le statut SPG+ (Système de Préférence
Généralisé) de la Colombie, attribué de manière unilatérale par
l’Union Européenne une fois signées 27 conventions en matière sociale
et environnementale, a été renouvelé pour trois ans en 2009. Quant à
la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail sur les
droits des peuples indigènes et tribaux, très importante pour protéger
les peuples contre la surexploitation de ressources naturelles et
minières par des entreprises nationales et multinationales, elle ne
fait malheureusement pas partie de l’ensemble des 27 Conventions
Internationales, dont la ratification est exigée par L’UE pour être
bénéficiaire du SPG+, et n’a de fait pas été signé par la Colombie.
Ce statut constitue pourtant un moyen de pression exemplaire de
l’Union Européenne. Suite aux massacres de la population Tamoul au Sri
Lanka, la Commission a demandé une enquête sur le respect des droits
humains dans le pays, et a fini par retirer son statut SPG+ au pays.
Il n’y a aucune raison pour qu’elle n’en fasse pas de même avec la
Colombie, à moins que la raison non avouée en soit les échanges
commerciaux deux fois plus élevés avec le pays. La diminution du
nombre de syndicalistes tués chaque année n’est pas une surprise : à
ce rythme-là, il n’en restera bientôt plus aucun !
La rencontre organisée au sein du Parlement Européen sera l’occasion,
pour les députés du Groupe Vert, de réclamer cette prise en compte de
la situation des Droits de l’Homme dans chaque pays avec lequel
l’Union envisage de signer des accords commerciaux.
Le libre-échange n’est certes pas une solution, ayant trop souvent
pour effet la confiscation des richesses au profit des plus riches,
dans les pays développés comme dans les pays du Sud. Toutefois, signer
des accords profitant aux plus forts devrait au moins avoir pour
contrepartie le respect des plus vulnérables, populations autochtones,
habitants des bidonvilles, travailleurs engagés







